Dernièrement, dans le cadre de son travail, Kaylea a fait une randonnée en raquette et a appris à poser des collets à lièvres.
Ce sont des activités qu’elle a faites avec des jeunes de différents foyers de groupe de Whitehorse.
Au Yukon, certains enfants, jeunes et jeunes adultes vivent dans des foyers de groupe. Ils bénéficient ainsi d’un logement sûr et de repas nutritifs ainsi que de services de counseling et d’orientation professionnelle pour se préparer à vivre de façon autonome.
On compte sept foyers de groupe à Whitehorse.
En tant qu’intervenante en ressources culturelles, Kaylea œuvre à préserver la culture autochtone.
Une carrière sous le signe du partenariat
Citoyenne des Premières Nations de Champagne et d’Aishihik, Kaylea travaille en partenariat avec le Conseil des Premières Nations du Yukon et avec les différentes Premières Nations.
Sa carrière lui apporte une très grande fierté. Elle travaille surtout auprès d’enfants et de jeunes et parfois auprès de jeunes adultes.
Elle décrit son travail comme étant « concret, centré sur la communauté et profondément ancré dans les traditions, ce qui crée de réelles occasions d’échange, d’apprentissage et d’appartenance ».
Son but est de tisser des liens porteurs de sens, de créer un climat de confiance et d’aider les jeunes d’une manière qui est authentique et efficace.
« Par mon travail, j’aide les jeunes à renouer avec la terre, leur communauté et leur identité, et à développer un sentiment d’appartenance », explique-t-elle.
Dernièrement à Whitehorse ont été organisés des ateliers de fabrication de tambours, des soirées de jeux de mains traditionnels, des cours sur la préparation de viande séchée et la découpe de poisson ainsi que diverses activités en nature.
Lors d’une récente sortie avec le Conseil des Premières Nations du Yukon, les jeunes ont fait une randonnée pour s’instruire sur les lignes de piégeage et apprendre à poser des collets à lièvres. Ils ont fait la randonnée en raquettes, tout en acquérant des compétences pratiques et en renforçant leur lien au territoire.
Aux dires de Kaylea, les retombées de ces activités sont immédiates et inspirantes.
« Quand les jeunes participent à des activités culturelles – qu’il s’agisse de fabrication de tambours, d’activités en nature ou de rassemblements à Nts’äw Chua –, on voit une transformation à plusieurs égards : ils sourient davantage, interagissent différemment, tissent des liens entre eux et montrent qu’ils sont fiers de leur identité et de leur héritage. Ces expériences renforcent leur identité, les aident à gagner en confiance et facilitent leur guérison. On célèbre la résilience, on développe un sentiment d’appartenance et on crée un climat de confiance avec le personnel et les membres de la communauté. Mais surtout, ces jeunes s’approprient le savoir culturel et les traditions, et se rattachent à quelque chose de plus grand que leur situation immédiate », affirme-t-elle.
Du soutien jusqu’à l’âge adulte
L’une des différences concernant les foyers de groupe du Yukon, c’est que le soutien est maintenu à l’âge adulte.
À Nts’äw Chua, l’un des sept foyers de groupe de Whitehorse, les jeunes peuvent bénéficier de services de soutien jusqu’à 26 ans.
Ils continuent donc de profiter de soutien pendant une période critique où beaucoup de jeunes travaillent à se bâtir une stabilité, étudient ou lancent leur carrière. C’est ce qui distingue les foyers du Yukon de bon nombre de logements de transition ailleurs au pays.
Pour Kaylea, la mission est claire : aider les jeunes à s’épanouir.
« Fondamentalement, tous les jeunes méritent d’être en sécurité, d’avoir de l’aide et de s’épanouir dans leur chez-soi et dans la communauté. Quand ce n’est pas possible, le foyer fait alors partie de leur parcours; il ne remplace pas la famille, mais devient un espace où la sécurité, la stabilité et les relations peuvent tout de même se développer. Je crois sincèrement que notre responsabilité, c’est de veiller à ce que les jeunes qui sont avec nous se sentent valorisés, respectés et entourés de gens qui se soucient véritablement de leur bien-être et de leur avenir », affirme-t-elle.
Kaylea souhaite remercier les partenaires, les Ainées et Ainés, les gardiennes et gardiens de savoir et le personnel qui accompagnent les jeunes et qui créent des occasions de renforcer leur lien à leur communauté et à leur culture.
« Comme je le dis souvent à propos de ma propre famille, il faut véritablement un village pour élever ces jeunes, et c’est exactement ce qu’on fait », lance-t-elle.