Au Yukon, une carrière en soins infirmiers peut mener à bien des endroits. Le territoire compte en effet trois hôpitaux, onze centres de santé locaux et quatre établissements offrant des soins prolongés.
Mais ce n’est pas tout.
Pour aider les Aînées et Aînés et les personnes âgées à demeurer plus longtemps chez eux, le gouvernement du Yukon offre aussi un programme de soins à domicile assurés par du personnel infirmier basé à Dawson, à Watson Lake, à Haines Junction et à Whitehorse.
Aujourd’hui, nous rencontrons Sophia, une infirmière autorisée.
Son travail l’amène à effectuer des visites à domicile.
Dans les dernières années, sa carrière a évolué, puisqu’elle assume maintenant un rôle de gestion des services de soins à domicile.
Parlez-nous de vous et de votre travail.
Je m’appelle Sophia, je suis infirmière autorisée en soins à domicile et superviseure des préposées et préposés au soutien à domicile, et je travaille dans l’équipe régionale. J’ai obtenu mon diplôme de l’Université de l’Alberta en 2012. J’ai ensuite commencé à travailler en soins à domicile et je vis au Yukon depuis 2021.
À quoi ressemble une journée typique pour vous?
Ma journée commence au bureau. Je consulte mes courriels et j’organise ma journée. Puis, je passe une partie de ma journée avec la patientèle, dans la collectivité, à réaliser des interventions et des évaluations. Le reste du temps, je suis dans mon bureau à remplir des documents et à faire des aiguillages et des suivis auprès des partenaires communautaires et des médecins.
Chaque journée est différente! Par exemple, je peux inscrire au programme une personne qui sort de l’hôpital et l’évaluer pour déterminer les services auxquels elle est admissible. Je dois alors élaborer un plan de soins avec elle pour cerner ses objectifs. Les soins à domicile viennent donc combler certains besoins et lui permettre de conserver le plus d’autonomie possible, selon ses capacités et ses souhaits. Ou encore, je peux surveiller la guérison d’une plaie qui ne nécessite pas d’hospitalisation, ou passer du temps auprès d’une personne en soins palliatifs qui veut demeurer chez elle le plus longtemps possible.
Le personnel infirmier à domicile a un vaste éventail de compétences : nous sommes spécialisés en soins de plaies, nous recevons beaucoup de formation complémentaire et nous pouvons effectuer des prélèvements sanguins quand les gens ne peuvent aller au laboratoire. Lorsque l’état d’une personne lui permet de rester chez elle, nous pouvons aussi lui donner beaucoup de soins qui sont habituellement offerts à l’hôpital, comme les médicaments, les cathéters et les stomies.
J’encadre aussi les préposés au soutien à domicile qui donnent des soins personnels, préparent des repas ou offrent du répit. Au fil de la journée, je dois donc faire le point avec l’équipe.
Qu’est-ce qui vous plaît dans votre travail?
J’aime le fait que chaque journée soit différente. J’entre chez les gens comme une invitée, ce qui est vraiment précieux. À l’hôpital, ce sont les patients qui viennent chez nous, en quelque sorte. Mais en soins à domicile, c’est nous qui sommes accueillis chez eux, donc nous pouvons mieux comprendre toutes les dimensions de la vie de la personne : qu’est-ce qui la fait sourire et s’épanouir, mais aussi quelles sont les difficultés à la maison.
Chaque jour, c’est un peu comme si on assemblait un casse-tête : on aide la personne à trouver les bonnes mesures pour l’aider à rester chez elle si c’est ce qu’elle veut.
Jusqu’où vous mènent vos déplacements?
Ça dépend de la localité, mais on peut faire 100 km pour aller voir quelqu’un, dans toutes sortes de conditions météorologiques.
Comme nous voyageons souvent seuls, nous avons un appareil de communication satellite inReach et nous appliquons plusieurs procédures et mesures de sécurité. Si quelqu’un a besoin de soins essentiels à domicile, nous y allons.
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un qui songe à travailler en soins à domicile?
Les soins à domicile, c’est un travail exigeant, mais gratifiant.
Il est essentiel d’aimer le contact humain, d’avoir de bonnes compétences communicationnelles et de savoir nouer des liens de confiance. Prendre dix minutes de plus pour s’asseoir avec la personne et apprendre à vraiment la connaître, ça suscite une réelle confiance.
Ce travail me donne aussi beaucoup de souplesse et d’autonomie au quotidien, et, une fois la journée terminée, j’ai amplement le temps de partir à l’aventure pour découvrir le Yukon!