Quand Aliya vivait en Ontario, elle pouvait passer quatre heures par jour sur la route.
Comme elle habitait à Niagara Falls et travaillait à Mississauga, elle passait deux heures au volant, matin et soir. Le stress de la vie urbaine a commencé à nuire à sa santé.
« J’ai consulté plusieurs médecins. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, je n’arrivais pas à dormir, se rappelle-t-elle. On a fini par comprendre que tout ça venait du stress. Et je me suis dit : “Ça n’en vaut pas la peine.” »
Aujourd’hui, le trajet d’Aliya représente environ cinq minutes en voiture, ou une courte marche.
En 2018, elle s’est installée à Whitehorse avec sa famille après avoir accepté un poste à durée déterminée au Programme yukonnais de soins dentaires pour enfants.
Ce qui n’était au départ que temporaire s’est transformé en une nouvelle vie pour Aliya, son mari et leurs trois filles.
Découvrons la carrière et la vie d’Aliya au Yukon.
Parlez-nous un peu de vous.
Je m’appelle Aliya et je suis originaire du Pakistan. Je me suis installée au Canada il y a environ 18 ans et j’ai fait mes études ici. Au début, j’étais mère au foyer. J’ai ensuite suivi une formation pour devenir assistante dentaire, puis hygiéniste dentaire.
J’ai commencé ma carrière à Mississauga, en Ontario.
Qu’est-ce qui vous a attirée dans les soins dentaires?
À l’époque, mes enfants étaient plus jeunes, et je cherchais un emploi flexible qui me permette de gérer mon temps moi-même.
Le métier d’infirmière était hors de question à cause des horaires! Pendant un certain temps, j’ai envisagé de devenir ambulancière paramédicale, mais je ne m’en croyais pas capable.
J’ai commencé comme assistante dentaire et j’ai adoré l’expérience.
Puis, j’ai repris mes études pour devenir hygiéniste dentaire.
Pourquoi avez-vous quitté l’Ontario?
Comme je vivais en ville, je passais quatre, voire cinq, heures par jour dans les embouteillages.
Pendant quelques années, nous avons vécu à Niagara Falls, mais je travaillais à Mississauga, car les salaires étaient plus élevés dans les grandes villes.
Nous n’avions pas les moyens d’acheter une maison à Mississauga. Je passais donc des heures coincée dans la circulation chaque jour.
À l’époque, ma santé se détériorait. J’ai consulté plusieurs médecins. Je ne savais pas ce qui m’arrivait, je n’arrivais pas à dormir.
On a fini par comprendre que tout ça venait du stress et de la route.
Et je me suis dit : « Ça n’en vaut pas la peine. »
J’ai posé ma candidature pour un poste à durée déterminée au Yukon. Certains membres de ma famille trouvaient que c’était fou de déménager au Yukon, mais mon mari était plus ouvert à cette idée.
Il m’a dit : « Si ça te plaît vraiment, on pourra peut-être y réfléchir. »
J’ai vraiment aimé le Yukon, et nous avons fini par nous installer ici tous ensemble.
C’était il y a huit ans.
À quoi ressemblent vos déplacements quotidiens aujourd’hui?
Ça prend cinq minutes! C’est le plus grand changement depuis que j’ai emménagé à Whitehorse.
En hiver, je prends la voiture, et en été, je peux aller au travail à pied.
Qu’est-ce qui fait du Yukon un endroit unique où travailler?
Le Programme yukonnais de soins dentaires pour enfants demande de se déplacer beaucoup. Je travaille principalement à Whitehorse, mais je me rends aussi dans d’autres collectivités.
On s’y rend surtout en voiture. Et en fait, j’adore ça.
En été, on peut admirer les magnifiques paysages et observer la faune. Il n’y a pas d’embouteillages sur les routes du Yukon!
Parfois, surtout en hiver, on prend l’avion pour se rendre dans des collectivités comme Dawson.
Qu’est-ce qui représente un défi dans votre travail?
Bien des choses peuvent se passer quand on se trouve dans une collectivité!
Une fois, à Dawson, la température extérieure a atteint -50 °C. Le propane du système de chauffage s’est épaissi au point où il est devenu impossible de travailler.
On doit parfois composer avec ce genre de défis. Quand je suis seule, si un équipement cesse de fonctionner ou nécessite une mise à jour logicielle, c’est à moi de m’en occuper.
Il faut être très flexible et savoir s’adapter.
Qu’est-ce qui vous plaît dans votre métier?
J’aime le fait qu’on puisse prendre notre temps avec les enfants.
Par exemple, si un enfant est nerveux, on peut le voir plusieurs fois. Peut-être qu’au début, il ne fera que s’asseoir sur la chaise.
On les habitue à venir nous voir.
C’est moins courant dans une clinique privée.
J’apprécie également les liens que j’ai noués en travaillant ici.
Quand je vais à Ross River, par exemple, tout le monde sait qui je suis.
J’ai la chance de voir les enfants grandir.
Et c’est agréable de tisser des liens avec les gens et d’apprendre à les connaître.
Qu’est-ce qui vous plaît au Yukon?
Je suis contente d’avoir amené mes enfants ici. Je voulais qu’elles vivent dans une ville plus petite.
J’ai l’impression que c’est mieux pour les enfants ici. On a une belle qualité de vie au Yukon.
Mes filles apprennent plus de choses liées au plein air. Elles sont davantage en harmonie avec la nature.
Et nous passons plus de temps à l’extérieur, au lieu de nous soucier des marques et de mener un mode de vie urbain.
Je suis heureuse de voir ce que sont devenues mes filles en vivant ici.
J’adore le Yukon.
C’est moins chaotique. Et il y a moins de circulation.